Ci-dessous la tribune libre publiée ce jour à J-2 du premier tour des élections présidentielles.

 

dessinMMirilovicconcoursDessinemoiuneferme

Dessin de Martine MIRILOVIC, en école maternelle du Loiret, pour l'opération "Dessine moi une ferme"

 

« L'agriculture,(...) la culture, constituent des valeurs de civilisation » écrivait Raymond Lacombe, grande figure syndicale agricole qui inspire encore les nouvelles générations de paysans. Quelle est la vraie place accordée en 2012 à l’Agriculture (avec un grand « A ») dans les programmes des candidats à l’élection présidentielle ? Une place diffuse et confuse. Tout semble acquis : le vote des agriculteurs, la bonne santé économique du secteur, la culture gastronomique de la France inhérente à la variété de nos productions...

 « Ne pas voter, c’est laisser les autres décider à votre place » rappelait une campagne de communication pour inciter les jeunes à aller s’inscrire sur les listes électorales.  Nous irons voter. Nous appelons tous les jeunes Français à aller voter. Et nous ne voulons pas que l’on décide à notre place des enjeux d’avenir. L’Agriculture n’est ni un secteur figé, ni un secteur que l’on doit négliger tant il fait partie du paysage. C’est un pilier essentiel, construit sur du vivant, de l’humain et de l’engagement ! Mesure t-on bien ainsi que sans relève agricole, c’est tout le terreau de notre économie, de notre alimentation et de notre société qui disparaît ?

Oui, une autre approche est possible, plus ancrée dans le réel et dans la vie, moins technocratique. Des valeurs existent, qui nous font encore exercer notre métier avec passion et enthousiasme. Au moment d’accomplir l’acte citoyen du vote ce dimanche 22 avril, nous aurons en tête ces repères là. Nous souhaitons les partager avec tous les Français et les marteler « à celles et ceux qui décideront demain » à l’échelle du pays. C’est tout le sens de notre message en tant que syndicat de Jeunes Agriculteurs qui a récemment rejoint l’Appel « Alimentons 2012 »* (signé « seulement » par quatre candidats à la Présidence de la République), mais qui se bat aussi historiquement pour que l’installation des jeunes agriculteurs soit une priorité (Pacte installation remis aux politiques, préservation du foncier agricole, rapprochement avec les consommateurs, etc.). Nous ne cesserons jamais de  rappeler  qu’il n’y a qu’une terre et que, sans agriculteurs  pour la faire vivre, elle deviendra un No man’s land, parce que l’on aura décidé à notre place des enjeux d’avenir.