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A quoi peut donc ressembler le quotidien d’une jeune agricultrice en 2012 ? En ce jour spécial, nous avons décidé de mettre en lumière l'une de nos adhérentes. Portrait.

Quels sont ses projets, ses passions, ses challenges ? Bérénice Walton, 21 ans, nous apporte quelques éléments de réponse. Elle élève dans la tradition et la modernité le fameux bœuf Bazadais, dans l’environnement privilégié de sa ferme Girondine. Entre la préparation des concours, la vente directe et les loisirs de sa génération, Bérénice exerce son métier avec talent.

Bérénice Walton a tout juste 21 ans. Elle s’est installée en avril 2011, dans les prairies des Palus d’Arveyres, à 20 minutes à peine de Bordeaux.  Après un BEP agricole puis un bac Pro conduite et gestion d’une exploitation agricole obtenu avec mention, la jeune femme est pressée de prendre la relève de ses parents éleveurs passionnés de bœuf de race Bazadaise. Une race rustique, réputée pour sa viande  gouteuse, grasse, persillée. Soit près de 100 bêtes au total (dont 35 mères et 50 bœufs) à surveiller, à bichonner. Beaucoup de contraintes ? « Oui et non !» répond avec spontanéité Bérénice, qui ne regrette pas du tout son choix de vie. « Certes, il y a de grosses journées comme le samedi par exemple où je me lève à 5h du matin pour pouvoir livrer à ma clientèle. Le travail se termine à 21h30 dans ces cas là. L’hiver, c’est les vêlages, en mai les foins...mais contrairement à l’élevage en production laitière, on peut s’aménager plus de temps libre dans la journée. Et un salarié m’aide aussi à temps complet. La mer, la montagne, la ville, tout est situé à proximité ! C’est juste une question d’organisation. »

 « Les retours des consommateurs me font avancer »

Très attachée aux traditions girondines et particulièrement à sa gastronomie, Bérénice souhaite faire partager à une clientèle avertie les saveurs oubliées d'une production presque abandonnée aujourd'hui. « Je propose seulement à mes clients et amis la viande de mes bœufs de quatre ans et plus. Les vaches de réforme et les taureaux sont réservés à la boucherie traditionnelle. » Et quand il faut amener un bœuf à l’abattoir, Bérénice assure ! Elle a passé avec succès le permis poids lourds tout récemment pour accomplir cette tâche en solo. Ce qui passionne et motive jour après jour notre éleveuse, c’est le contact direct avec les consommateurs, leurs remarques, leurs encouragements. « On n’a pas l’impression de travailler pour rien. Leurs retours me font avancer, trouver d’autres idées pour mieux valoriser ma viande. » explique t-elle. Parmi ses projets ? Tout prochainement, le concours national de Tarbes où elle présentera deux génisses. Puis un « week-end portes ouvertes » les 14 et 15 avril prochains sur sa ferme (70 personnes avaient accouru l’an dernier). Continuer d’améliorer son site web, et toujours se former, donner un peu de son temps au réseau Jeunes Agriculteurs qui l’a accompagnée dans son installation. Continuer aussi de préserver son mode d’élevage et de défendre sa vision du métier, comme elle l’a fait au dernier salon international de l’agriculture lors d’un débat organisé avec Yves-Marie Le Bourdonnec, le célèbre boucher auteur de « L’Effet bœuf », avec qui elle échange depuis régulièrement.

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(De gauche à droite : Bérénice Walton, Yves-Marie Le Bourdonnec, Jérôme Chapon (élu CA de JA), lors du débat organisé le 26 février au SIA 2012 / photo JA MAG)